J’étais entrain de préparer une réponse au
commentaire de Maj sur notre blog, quand ma lecture des blogs eurois m’a interloqué.
Peut-être faisons-nous trop de ‘‘publicité’’ à
des écrits qui restent le plus souvent confidentiels…
Les blogs permettent à tout citoyen lambda de
s’exprimer librement et de se faire plaisir. N’en déplaise aux redresseurs de torts de l’impensée unique gaucharde, nous sommes encore dans le pays de Voltaire.
N’était-ce pas ces gauchards (ou leurs parents)
qui criaient en 68 « il est interdit d’interdire ? »
Ce n’est pas en confondant Jean-Luc Mélenchon et
Marine Le Pen que l’on élèvera le débat politique.
Ce n’est pas en les traitant de ‘‘populistes’’
qu’on écartera leurs électeurs qui sont LE PEUPLE, bien au contraire !
Car, à moins de copier (dans le mauvais sens) les
trois singes de Nikkö, ce n’est pas en faisant l’autruche ou en voulant interdire tout ce qui vous est diffèrent ou qui vous dérange que l’on participe à changer les choses.
Nous vivons une époque passionnante. Elle ébranle
les fondements d’une société d’abandon et d’assistanat imposée aux plus démunis depuis près de 30 ans, par les libéraux-socialistes,
Ces libéraux-socialistes sont relayés par
quelques blogs de notre département. Ils restent campés sur leurs certitudes, ils sombreront avec !
Heureusement, il existe à droite comme à gauche
des femmes et des hommes qui
participeront au changement le moment venu !
Maintenant, il me faut intervenir pour ‘‘sauver’’ le soldat Patrick à propos de son
article sur Céline. Non pas qu’il ait besoin de moi pour s’exprimer et le soutenir, mais les censeurs de tous poils commencent réellement à m’irriter. Et ce n’est pas peu dire !
Ceux qui me connaissent, peuvent attester de mon combat
toute ma vie contre l’antisémitisme, le racisme et la xénophobie. De même, je persiste sur mes doutes concernant ‘‘l’indépendance’’ de ces associations qui auraient la vocation de défendre ces
valeurs. Elles sont pour la plupart l’instrument de partis politiques.
Ceci étant dit, Patrick Robert est un ami. Atypique certes,
mais mon ami ! Si j’avais senti le moindre soupçon sur les valeurs indiquées plus haut, il n’appartiendrait pas au cercle de mes amis. Il bouscule le micro paysage de la pensée unique. Ça me
plaît bien !
Dès la création de notre blog, j’avais indiqué
des liens dans une rubrique ‘‘coup de cœur’’. Le premier à y figurer était celui de l’Avocat Général Philippe Bilger.
Je m’y rend régulièrement pour ‘‘respirer’’ un
autre air.
Son dernier billet sur le totalitarisme est
percutant. Aussi, ai-je pris la liberté de le recopier à votre intention.
Que cette lecture donne à tous un grain de
sagesse !
Vildenay
Le totalitarisme du Bien : Céline, Zemmour, Zidane et
autres à venir.
La nuit ne porte pas conseil. Elle décuple
l'exaspération.
J'ai choisi le mauvais remède. J'ai écouté la revue de presse
d'Ivan Levaï sur France Inter. J'ai rarement entendu, dans le registre doucereux et faussement équilibré, une intervention plus partiale, plus partielle, plus choquante que celle de ce
journaliste. Frédéric Mitterrand est à féliciter pour son recul sur Céline, contre son propre ministère, et en plus il est courageux (sic !), Serge
Klarsfeld a eu évidemment raison. Hors de question de préciser le sens exact en l'occurrence de "célébrations nationales" ! On est trop occupé à pourfendre l'adversaire qui bêtement considère que
le génie et son universalité ont aussi des droits dans notre histoire nationale. Promotion en prime : le livre d'Alexandre Jardin est bien sûr formidable et comme par hasard est vantée l'unique
personnalité qui a approuvé le parti pris du romancier sur son grand-père. Comme cela, au moins, on a fait un bon usage - parfaitement unilatéral - de ce moment radiophonique où le pluralisme
intellectuel et l'honnêteté de l'argumentation devraient prévaloir !
Il faut alors, pour se consoler, lire dans le supplément du
Figaro la réaction indignée d'Henri Godard qui dénonce "une forme de censure" et celle de Frédéric Vitoux qui moque l'absurdité de cette rétractation complaisante, approuver Philippe Sollers qui
blâme "un ministre de la censure" et déplorer, en même temps, que cette triste retraite ait été sinon inspirée du moins approuvée par l'Elysée (Le Monde). Comme on baisse vite pavillon devant
certains !
Comment aussi ne pas revenir sur le récent procès d'Eric Zemmour,
dans cette France qui n'en finit pas de vouloir gouverner la pensée, les écrits et les paroles de ceux qui s'obstinent à prendre à la lettre son idéal de liberté ? Je n'ai pas voulu déposer, avec
le risque de voir exploiter ou dénaturer mon témoignage, parce que je souhaite demeurer dans ma solitude de magistrat, de blogueur et de citoyen. Il n'empêche qu'en lisant de très courts extraits
des réquisitions du ministère public, je me suis étonné du reproche fait à Zemmour d'avoir assimilé "immigration et délinquance". Ce qu'a dit ce journaliste qui agite, bouscule et prend la pensée
et le réel au sérieux n'opère pas une "assimilation" qui imposerait une globalité de l'appréciation mais a formulé seulement un constat souffrant des exceptions et portant sur une délinquance
particulière. Ce qui ne relève pas de la même démarche, bien au contraire. Il y a un "judiciairement correct" qui atteint certains représentants du parquet et cela est d'autant plus navrant que
les affaires de presse engagées souvent à l'initiative d'associations ont l'avantage de laisser au procureur ou à ses substituts le rôle capital d'une sorte de "commissaire du gouvernement" de la
vérité sous tous ses registres, dans une liberté incomparable. Le ministère public n'a pas à emboîter le pas mais à inspirer. Plutôt l'orgueil de précéder que la vanité d'être suivi. Il y a une
attente considérable du jugement qui a été mis en délibéré. J'avoue que le citoyen, le passionné du droit de la presse et l'épris de politique que je suis sont impatients de connaître ce qui
résultera du débat nourri et intense tel que l'ont rapporté les médias (Le Parisien, Le Figaro, nouvelobs.com).
Certes j'ai conscience, en évoquant maintenant la situation du
tout frais plaignant Zinedine Zidane (ZZ) à l'encontre de Christophe Alévêque (CA) - qui avait affirmé entre autres "ce mec est une pute" - de réduire la portée de ce billet mais il me semble que
cette controverse, sur laquelle j'ai déjà écrit pour défendre l'humoriste, n'est pas sans intérêt (jdd.fr). J'y retrouve de quoi cultiver une nostalgie à l'égard de ce droit de la presse qui est
fascinant parce qu'il s'agit moins de droit que de byzantinisme intellectuel et que cette discipline, à bien la maîtriser, n'a pour vocation en profondeur que de servir un esprit de liberté.
Celui-ci, dans l'article 1er de la loi du 29 juillet 1881, est invoqué et c'est dans sa lumière bienfaisante que toutes les infractions de presse doivent être appréhendées.
Comme j'aimerais être dans cette affaire l'avocat de CA ! Le
conseil de Zidane, Me Carlo Alberto Brusa, a manifesté l'intention de citer l'adversaire pour injure publique. On comprend bien pourquoi puisque celle-ci se caractérise par "un terme de mépris,
une invective ou un outrage". Cependant - et c'est le raffinement délicieux de ce domaine -, il convient de replacer l'expression discutée non seulement dans l'ensemble de l'entretien accordé à
un magazine par CA mais au contexte plus général relié à la polémique, au comportement de l'ancien footballeur depuis sa retraite, notamment à ses multiples activités lucratives, promotionnelles,
publicitaires et sans doute stipendiées pour le Qatar. Dans ces conditions, pour aller au bout de ce raisonnement, "ce mec est une pute" renvoie-t-il vraiment à une injure publique, ou plutôt à
une diffamation qui se fonde sur un fait précis et offensant ? Le critère de ce dernier consiste pour la preuve de la vérité, à permettre aisément un débat contradictoire. Pour peu que CA soit
bien assisté, n'est-il pas concevable que grâce à des témoins et à la production de documents il puisse démontrer que ZZ n'est pas éloigné de la qualification dont il l'a gratifié, le terme étant
à prendre au sens figuré avec tout ce qu'il implique de vulgarité, d'appétit et d'absence de discrimination ? CA n'aurait même pas besoin de se fonder sur ses prestations insipides à Canal Plus
sans doute largement rémunérées ! Que ZZ n'oublie pas qu'un procès de presse est toujours aussi le procès de la victime, même de parfaite bonne foi comme il peut en exister... Aucune ne sort
indemne de ces joutes à la fois sophistiquées et brutales !
Derrière ces blocages qui n'ont pas la même gravité se profile
tout de même le danger de notre société française d'aujourd'hui : le totalitarisme du Bien. On va nous rendre vertueux à force de bienséances imposées mais on ne pensera plus, on n'écrira plus,
on ne parlera plus, on ne se battra plus. Je ne supporte plus cette société où des couvercles sont placés sur la vie et le réel, où des chapes sont lourdement apposées, où la liberté
intellectuelle et personnelle d'aujourd'hui est brimée au nom de l'Holocauste perpétré par Hitler comme si l'un et l'autre, à chaque instant, étaient proches de revenir à cause de nous, où la
conscience n'est légitime que si elle est "mauvaise conscience". On a presque gagné : on tremble quand on ose, lorsqu'on s'avance à l'intérieur de territoires qui ne supportent qu'un "discours
unique". Je vais finir par devoir admettre, alors que je croyais les univers totalement séparés, qu'une rigueur, une politique de sécurité constantes, sourcilleuses, sans pardon ne sont pas sans
incidence sur un climat social et intellectuel qui ne s'abandonne qu'à des censures, des interdictions et des poursuites.
Que les totalitaires du Bien continuent comme cela : on va mourir
mais guéris !
Philippe Bilger
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